Et en même temps. 
Le gourvenement macroniste a abandonné le projet Europacity fin 2019, mais pas l’idée d’urbaniser les 400 hectares de terres agricoles du désormais célèbre Triangle de Gonesse.

Comme je te l’expliquais dans cette vidéo (ci-contre) en août 2019, quelques mois avant son abandon, ce projet fou appartenait déjà aux délires du « monde d’avant ».

En l’abandonnant, dans un bruit médiatique fort, la Macronie s’offrait alors une image écolo sans effort quelques temps après l’abandon de l’aéroport de NNDL.

Mais en réalité, je ne te l’apprends pas, il n’y a aucun désir écologiste de fond dans ces décisions.

Il y a quelques jours, la mobilisation physique à repris sur le terrain, pour cette fois se durcir : une ZAD naît.

Je m’y suis rendu hier dimanche 14 février, en début d’après-midi, pour rencontrer les actrices et acteurs d’un lieu hautement politique qui sort de terre.

Une ZAD (Zone A Défendre) n’est pas un endroit anodin, encore moins un camping d’hurluberlus : la contestation est organisée, les revendications sont précises.

Si autant de monde se mobilise, et de cette manière, c’est-à-dire en choisissant de s’installer durablement directement sur place, c’est qu’il y a urgence à agir. Car le gouvernement souhaite tout de même construire une gare.

Une gare pour nulle part. En plein milieu des champs.

Nous y voyons évidemment une opération mesquine qui, en cheval de Troie, viendra ensuite imposer l’urbanisation de ces précieuses terres agricoles situées à quelques kilomètres au Nord de Paris.

Je n’avais jamais mis les pieds sur une ZAD, jamais rencontré de personnes déterminées à sauvegarder des intérêts collectifs et publics au point de mettre physiquement leur vie personnelle en jeu comme ici.

Bien que la majorité des personnes présentes ici, le sont qu’épisodiquement, un noyau dur est installé durablement pour opérer un rapport de force complémentaire aux opérations menées sur le terrain légal, politique et judiciaire. L’objectif est simple : défendre les terres agricoles en les faisant reconnaitre pour ce qu’elles sont, vitales pour la région parisienne.

Aux côtés de l’aspect politique de l’action directe, gravitent d’autres univers complémentaires à la pensée libertaire qui évidemment occupe les lieux.

Dans la vidéo ci-contre, je filme un jeune artiste dessinateur qui immortalise le chantier du « saloon » alors hier en construction et qui se voudra un lieu d’agora, d’échange et de lien social.

Partout sur le ZAD s’organise une vie en collectivité.

Alors que l’ordre dominant aime à dépeindre ces ZAD comme des lieux de chaos total, en vérité ce sont plutôt de beaux laboratoires démocratiques et sociaux.

Y règne l’entraide et la collaboration entre tous les talents présents : cuisine, construction de bâtiments, accueil des journalistes, gestion des déchets, potager et compostage, décision et stratégie en réunion, etc. 

Il n’y a rien de bancale, tout est maitrisé.

Des messages politiques sont inscrits partout sur la ZAD, sous différentes formes, slogans, citations, livres et tags humoristiques. Comme ici avec « C’est moi qui ai tagué l’Arc de Triomphe« , accompagné de « Mon nom c’est Michel« , il s’agit de provoquer l’ordre établi, dominant, en faisant référence aux révoltes des Gilets Jaunes de fin 2019.

Est alors partout questionné l’organisation actuelle de la société capitaliste et dominé par la bourgeoisie mondialisée.

Si ce week-end était calme et ensoleillé sur la toute jeune ZAD, première du genre en ce moment en région parisienne, il est fort probable que l’ambiance se tende dans les jours et semaines qui viennent.

Aussi, des pressions des pouvoirs publics ont été exercées sur les voisins du terrain occupé par les zadistes pour leur couper l’électricité et la police rôde autour, sans doute pour organiser une évacuation des lieux sous ordres politiques. Mais, malgré les températures négatives, les activistes présents sont déterminés à organiser la résistance et accueillent qui veut bien aider dans cette lutte d’intérêt général.

Mercredi 17 février sera convoqué au tribunal un des membres du collectif CPTG (qui défend le Triangle rural) suite à une plainte déposée par Valérie Pécresse (LR), présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France. L’objectif semble très clair : chasser le collectif du Triangle pour y casser la résistance qui s’y organise.

Clique ici pour retrouve mon « live-tweet » d’hier, et ici pour te tenir au courant en direct sur l’évolution de la ZAD du Triangle de Gonesse.

Mise à jour le 17/02 au matin :
Suite à la convocation de Bernard Loup au tribunal ce matin, nous avons appris que l’audience est repoussée à vendredi 19/02 à 10h. Le collectif CPTG appelle donc au rassemblement au même moment devant le tribunal de Pontoise. (3 rue Victor Hugo)

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